samedi 8 août 2015

Les puces du cheval


Starlux-France






    On a marché longtemps le long de l'avenue en travaux. Il n'y a pas d'ombre, la chaleur est suffocante. Alors quand on arrive sous la fraîcheur relative des marronniers, on est un peu hébété, un peu loin du marché aux puces que nous sommes venus voir. Les exposants semblent être dans le même état que nous, éloignés de leurs affaires, discutant entre eux. Certains finissent de manger…
    Au bout de quelques minutes de déambulation, j'aperçois du coin de l'œil, des petits chevaux. Je m'approche pour regarder. Curiosité de celui qui avait des cow-boys et des indiens en plastique quand il était petit. Ils sont aussi en plastique, un plastique qui a dû être blanc, qui est maintenant juste sale. Mais ils ont ce côté attachant des choses anciennes dont on imagine qu'elles étaient fabriquées avec plus de soin, d'attention… Averti de la folie de certains brocanteurs et collectionneurs, je ne demande pas le prix. De toute façon, je ne suis pas vraiment intéressé par ces petits chevaux et le marchand discute avec des amis. Nous continuons notre marche tranquille. Mais quelques mètres plus loin nous sommes interpellés par le vendeur des jouets qui se précipite vers nous depuis le banc où il était assis :
        -Vous aviez des chevaux Starlux quand vous étiez enfant?
        -Heu… Non, je regardais juste… Mais pourquoi…
    Ça y est! Je suis tombé sur un brocanteur fou qui va essayer de me vendre les chevaux qui, c'est sûr, sont exceptionnellement rares et bon marché…
        -Lequel vous plaît le plus?
        -Hum, celui-là peut-être… Mais…
    Je désigne en même temps que je parle un cheval blanchâtre équipé d'une selle marron. Je n'ai pas de préférence en fait.
        -Hé bien, je vous le donne dit-il en joignant le geste à la parole.
        -Mais …
        -Si, si, ça me fait plaisir!
        -Alors … Merci!
    Je n'ai pas le temps d'en dire plus qu'il est déjà reparti s'asseoir avec ses amis. Je lui adresse un vague geste avec le cheval, il répond vaguement.
     Un peu plus loin, il y a des cow-boys et des indiens en plastique. Une pleine boîte. Je demande le prix à la dame.
-"Ces trucs-là? Heu… Deux euros!"
On retournait aux habitudes.

1 commentaire:

  1. Voilà un scénario dans le genre d'une BD sans texte de Taniguchi !

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