Comment la carotte s'est retrouvée dans le vide poche de la voiture ?
Je m'en souviens, on avait été jusqu'au Jardin des Shadoks, un jardin coopératif où Laure avait une petite parcelle plantée de radis, tomates, courgettes et carottes. C'était une opération sarclage et désherbage ; la végétation locale constituée d'une grande variété d'espèces robustes et non comestibles avait largement pris le dessus sur les légumes. Attila ne nous aurait pas reniés, à moins, bien sûr, qu'il ne soit repassé un mois plus tard… Cette carotte, petite mais aucune ne dépassa de beaucoup cette taille, fut une des victimes collatérales de l'opération. Je ne me suis pas résolu à l'abandonner sur le tas de mauvaises herbes. Je l'ai mise dans le saladier avec les radis. Puis arrivés à la voiture, je l'ai posée dans le vide poche parce que, sortie du contexte, elle n'était pas à sa place dans ce saladier. Dans le vide poche ? Pas vraiment non plus…
Au fil du temps, elle s'est desséchée pour finir par ressembler à ce qu'elle est aujourd'hui. Elle me faisait penser à une comète. C'était un peu plus évident au début quand elle avait toutes ses feuilles. L'arrivée de l'étoile de mer a évidemment renforcé cette impression. Elle aussi avait un peu plus de prestance au départ. Elle avait toutes ses pointes. L'étoile provient de l'étal d'une poissonnerie de supermarché située à Gimont, dans le Gers. Elle ne servait pas de décoration. Elle était prise dans la glace, tout au bord, prête à tomber. Je la recueillis. On se rendait à un mariage et on s'était arrêté là pour faire quelques courses.
L'étoile rejoignit la comète, donnant un ton résolument spatial à l'assortiment d'objets de toutes sortes qui se trouvaient déjà dans le vide poche.


